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# Posté le lundi 15 juin 2009 01:07

Modifié le lundi 09 novembre 2009 14:37

Premier Livre - First Book

# Posté le lundi 24 août 2009 00:21




J'aurais mieux fait de me taire, comme d'habitude. J'aurais du fermer les yeux et les laisser décider à ma place. Mais j'en ai assez de ne pas avoir le contrôle sur ma vie. De me faire dicter la voix à suivre. Je sais que j'ai de la chance comparé à d'autres. Une famille complète, en santé et en vie. Rien que ne sorte de l'ordinaire. Ils semblent tous sortis du moule. J'en viens aussi de cet endroit où ils mous façonnent comme on se devrait d'être. Mais secrètement, sans vraiment faire de vagues, j'ai changé. J'en suis rendue à un point où je ne me contente plus de cette vie fade. Elle ne m'intéresse plus. Je suis probablement une fille ingrate, mais j'ai besoin de me détacher de mes parents. De ces gens qui me veulent tellement de bien qu'ils m'étouffent. Ils ne remarquent même pas tous les efforts qu'ils font pour me remettre à ma place. Pour me forcer à rentrer dans le moule d'où ils m'ont sorti. Papa, Maman, si vous pouviez lire mes silences. . .

Je me prends la tête entre les mains. Je ne sais pas vraiment quoi faire, quoi dire. Comment leur dire que j'ai intentionnellement foiré mes études. Ils ne voulaient pas voire que ce n'était pas ma voie. Pourtant avec un peu de volonté, j'aurais été douée. J'arrive à avoir ce que je veux avec une facilité déconcertante. Je finis par me compliquer la vie. Je crée du drame, des diversions, pour ne pas tomber dans cette vie que je méprise tout en y étant invariablement destinée. Les mots me manquent. Je ne saurais continuer de ce pas. Je cours vers le mur, et plus il approche, plus je sais que c'est moi qui l'ai voulu

# Posté le lundi 15 juin 2009 01:46

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:51


J'ai longtemps pensé que ma vie serait une aventure formidable. Quelque chose de grandiose, d'inhumain. Je dois me rendre à l'évidence. Elle sera médiocre et oubliée. Les jours se suivent. Je ne fais rien de ma peau. Je ne fais rien. Je pense beaucoup à tout ce que je pourrais faire, mais je n'agis pas. Je souffre d'une déconnection aigue. Le vrai monde n'existe pas à mes yeux. La vie est une jolie bulle de verre de laquelle je vous vois tomber et vous relever. Les jours n'ont pas de sens, pas plus que les mots. Je ne sens rien.

Ils parlent tous et je devrais comprendre. Tout ce que j'assimile, c'est ma propre réflexion qui leur fait face. Ils cherchent des raisons et je n'en possède pas. Alors je mens. Je dissimule, je transforme à mon avantage. Ils gobent tous mes mots. Ceux qui doutent sont trop lâches pour me confronter. Je ne me connais pas moi-même, alors comment peuvent-ils le prétendre ?

Je me lève. Mon corps stagnait sur mon matelas depuis trop longtemps. Le temps filait, emportant avec lui ma jeunesse gaspillée. Je ne suis plus une enfant, mais je suis la seule à le savoir. Ils aiment tellement leurs illusions. Ils aiment se voir à leur meilleur, mais l'être humain finit toujours dans la déchéance. Celle de l'âme ou du corps.

Mon c½ur pourrait arrêter de battre et j'en serais probablement désintéressée. Ce qui m'intéresse ? Je ne l'ai pas encore trouvé. Les battements de mon c½ur se font de plus en plus pressants. Non, je ne suis probablement pas prête à mourir. Ma vie est tout ce que je possède même si je n'arrive pas à la réclamer.

Vous pensez que je pense trop ? Non, ce n'est qu'une illusion. Je pense beaucoup moins que la majorité des gens. Ils sont tous préoccupés par des choses sur lesquelles ils n'ont aucun pouvoir. Des fatalités de la vie. L'amour est la plus grande cause de mort. Pour ces gens qui continuent chaque jour à avancer avec un visage faussement présent. Ils ont souffert et ont abandonné leurs corps. Ce ne sont que des morts-vivants. Il ne faut pas leur en vouloir, ça vous arrivera un jour ou l'autre.

# Posté le mercredi 17 juin 2009 00:44

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:50

Ce matin, le ciel était gris. Gris comme mes pensées. Rien n'est jamais noir ou blanc. Il y a toujours cette zone d'ombre. Ces moments où aucune décision n'est bonne à prendre. Ne vous laissez pas avoir à croire qu'il y a un bon et un mauvais choix, mais il faut toujours prendre parti. J'ai pris le mien. J'ai mis dans mon sac plusieurs fringues et tout ce qui me tient à c½ur, puis je suis partie. J'ai laissé sur mon lit une jolie lettre pour mes géniteurs. Et j'ai balancé mon sac par la fenêtre avant de le rejoindre sur la pelouse. Je n'ai même pas pris la peine de me chausser. Mes Converses attachés ensemble traînant sur mon épaule. Il fait jour, mais on dirait la nuit. Les couleurs sont ternes. Le soleil se cache. Je n'ai pas besoin de lumière. Pas besoin d'espoir. J'ai confiance. Il ne m'arrivera rien. J'ai beau n'avoir nulle part où aller, personne vers qui me tourner, je sais que le soleil reviendra. C'est inévitable.

J'espère par mon périple solitaire trouver un sens à cette vie. J'aime ne pas avoir de plan. Savoir que demain peu être fait de choses que je n'ose même pas imaginer. J'ai l'impression d'être libre. L'absence de responsabilité. Ce concept total est un piège. On me dit que je dois être responsable, mais on ne m'en laisse pas la chance. Ils se croient responsables de moi. C'est leur responsabilité de s'en occuper. Où se trouve ma voix parmi tous ceux qui me disent quelle direction prendre. Je n'arrivais plus à savoir où j'avais envie d'aller.

Mes pas ont lentement tracé ma route à travers les rues que je connais par c½ur. J'ai marché sans connaître ma destination. Je me suis retrouvée dans un parc. Parmi les enfants qui courraient dans tous les sens. Je me sentais étourdie. Saoule de souvenirs. J'ai déposé mon sac sur le sol et me suis dirigée vers les balançoires. Je me suis assise et me suis donné un élan. Le vent dans mes cheveux m'a fait sourire. Comment croire aux malheurs du monde alors que la brise me fait oublier tous mes soucis. Je ne suis qu'une écervelée dans son élément, le déni de la réalité. Mes yeux se ferment, et je me laisse tanguer jusqu'à ce que le mouvement s'éteigne. Le silence qui m'entoure n'existe pas vraiment, mais je me sens bien. Les sensations me reviennent peu à peu. Les cris des enfants. Le vent qui souffle contre les chaînes. Le sol sous mes pieds nus. J'ouvre mes paupières pour apercevoir deux grands yeux bleus qui m'observent. Un nuage de cheveux blonds que j'aperçois à peine tant mes yeux sont attirés par ses lèvres d'un rouge presque irréel. J'en souris. On se retrouve face à face à se sourire comme deux idiotes.

Elle prend ma main et j'ai à peine le temps d'agripper mon sac que nous sommes ailleurs. On rit toutes les yeux alors qu'on court dans les rues. Je me sens vivre. La même sensation de vent dans mes cheveux. Mon c½ur qui bat à tout rompre. C'est ça la vie ?

# Posté le vendredi 19 juin 2009 17:33

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:48