J'aime cet endroit. Un appartement trop petit où la peinture des murs pèle par endroits. Des divans éventrés qui ont déjà vécu mille vies. Un évier qui compte le temps par les goûtes d'eaux qu'il laisse filtrer. J'aime cet endroit sans vraiment le connaître.

« Fais comme chez toi » me lance Winnie de l'autre pièce. Je n'avais même pas besoin de ces mots pour me sentir à ma place. Je dépose mon sac contre le mur et m'installe confortablement sur un des divans, mes pieds contre la table à café. Une télévision antique trône contre le mur. Les antennes servant à capter le câble soutiennent des sous-vêtements qui sèchent. L'ambiance est parfaite. Je me sens délaissée des questions qui m'auraient empêché de dormir dans mon ancienne chambre. Mes soucis semblent s'envoler par les murs de cet endroit. Mes pensées volent sans entraves. Mes yeux voient enfin clairement.

Je savais que le soleil viendrait à moi. Il est arrivé sous la forme d'une blonde excentrique. J'aime cette vie où tout n'est qu'une question de hasards. Ou est-ce le destin ? Qui est-ce qui a mis cette fille sur mon chemin ? Je ne crois pas en dieu, mais j'ai parfois l'impression qu'un grand sadique nous regarde d'en haut. Il nous déplace comme des pions et espère nous faire tomber. Ce sera son premier mouvement dépourvu de mauvaises conséquences. Parce que je ne vois pas ce qui aurait pu changer mon avenir, autre que Winnie. Je le sens. C'est bien vrai.

J'ai le c½ur qui bat jusque dans mes tempes. Je le sens vibrer en moi comme jamais auparavant. J'ai un goût de métal sous la langue qui me démange. Je me rappelle mon portable. Avant de partir, je l'ai noyé dans le bain. Personne ne retrouvera ma trace. Je ne veux pas revenir en arrière. C'est comme une peur animale qui me fait fuir ce qui me paralyse. Mon futur ne sera pas celui de mes parents. Je veux autre chose. Je ne sais pas exactement, mais tout le contraire de la maison de banlieue, du couple morne et des enfants qui grandissent dans un mal être intérieur. Non, ce ne sera pas ça ma vie. Plus maintenant. C'est du passé. Seulement du passé.

Winnie ressort de la chambre, son air de jeune fille innocente troqué contre un air provocateur et un look rock. C'est le genre de fille qui est sublime peu importe ce qu'elle porte. Je pourrais être jalouse, mais je sais d'expérience que ça ne fait aucun bien à personne. J'admire sa façon d'être plus qu'une personne à la fois. Je ne serai jamais comme elle et sa me déprime. J'aimerais être plus qu'une simple imbécile sans domicile. Winnie me regarde et je sais ce qu'elle a en tête. La vie est un jeu pour cette jolie blonde à qui rien ne résiste. La mienne est perdue d'avance.

Elle me laisse passer et je me dirige vers la salle de bain. Une fois la porte verrouillée, je contemple mon visage dans le miroir. Mon maquillage a inévitablement coulé. Mes cheveux sont sales et terne. Mes yeux semblent éteints. On se croirait dans un mauvais film d'horreur où je suis la seule survivante. Pathétique. Moi qui croyais être grande. Je ne suis que de plus en plus perdue. Je ne me trouve pas, je m'enfonce dans cette grise mélancolie. Je ne veux plus penser. Je laisse mes vêtements tomber sur le sol. Je me débarrasse de cette seconde peau qui ne me va plus. Je les regarde tomber comme des feuilles mortes que personne ne viendra ramasser.

L'eau brûlante de la douche réduit à néant mes incertitudes. Je ne sens plus cette lassitude qui me collait à la peau. Mon moral remonte alors que l'eau s'échappe par le drain. J'aimerais être une toute petite goute pour la suivre dans ce labyrinthe infernal que j'imagine être les égouts. Je frisonne alors que l'eau chaude vient à manquer. Je ferme l'eau et tend la main à la recherche d'une serviette. Je ramasse mon t-shirt sur le sol et essuie l'eau qui glisse contre ma peau. Devant le miroir, je vois mon reflet. Ma gorge se serre. Je me mords la lèvre et détourne le regard. Je remets en vitesse mes sous-vêtements et quitte cette pièce où la buée a, à ma grande satisfaction envahie le miroir.

Sur le divan, les orteils maintenant colorés d'un turquoise qui jure avec le beige des murs, Winnie me sourit. Je suis la fille qui ne possède rien d'autre que des vêtements sales. Je tente de sourire, mais ça sonne faux. J'ai ce goût de mensonge dans la bouche et cette impression que personne ne peut mentir à Winnie. Enfin, pas vraiment. Elle s'approche et je voudrais dire quelque chose, mais mes mots restent pris dans ma gorge. Je serre les dents et baisse la tête. Sans rien dire, elle enlève son chandail et me le tend.

# Posté le dimanche 21 juin 2009 01:47

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:48


La musique est si forte que je la sens vibrer contre ma cage thoracique. Je sens ses ondulations qui semblent moduler les battements de mon c½ur. C'en est agréablement troublant. Je ne sais plus où sont passés les autres. Je regarde autour de moi et les inconnus qui se déhanchent au son de la musique semblent venir d'un monde dionysiaque. Je me sens mal à regarder ces gens qui ne semblent pas voir que l'indécence leur coule par les pores de la peau. J'aurais voulu pouvoir terminer mon verre d'un trait et partir d'un pas léger comme les Don Juan, mais je n'ai rien commandé, ne souhaitant pas perdre le contrôle de ma personne. Tout ce que je cache, enfouis, refoule, n'est pourtant pas bien loin. Un peu d'alcool dans les veines et je ne donnerais pas cher de ma peau. Les secondes, les minutes et les heures se confondent. Je suis déconnectée de cette réalité. Je ne trouve plus mes repères dans cet espace temps. Pas la peine d'exister dans un monde qui ne voit pas plus loin que sa propre cornée.

Je ne veux plus de cet endroit. Ils sont tous déjà ailleurs. Mes pieds me mènent vers la porte arrière du bar. Je la pousse pour me retrouver dans la nuit embrumée où je côtoie quelques accros de la nicotine. Je passe mon chemin. Dans la ruelle, en plein milieu de la tranchée d'asphalte, Winnie et Alec sont étendus côte à côte. Leur visage face à face, ils se tiennent par la main et leurs nez se frôlent. L'aura de plénitude qui les entoure fait mal aux yeux et écorche le c½ur. On dirait qu'ils peuvent voir l'âme de l'autre simplement en se regardant dans les yeux.

« Tu les trouverais moins mignons si tu savais qu'ils sont frères et s½urs. » lance une voix derrière moi. Je ne détourne pas mes yeux des deux âmes enlacée dans la rue. Drake souffle la fumée de sa clope vers moi. Je ne l'aime pas. Il brise mes idées par d'autres songes encore plus déplaisants. Je n'aime pas sa révélation. Mon esprit n'est pas équipé pour analyser ce genre de situations. Ils s'aiment. Il n'y a rien de mal dans ça. C'est ce que je pense. Qu'il aille se faire foutre, lui et ses jugements. Je m'en fous. Je n'ai qu'à l'ignorer. Il n'est rien pour moi.

Drake vient se foutre devant moi. Je voudrais qu'il s'éloigne, mais la chaleur de ses mains qui se posent contre mes épaules me donnent envie de pleurer. Si c'était n'importe qui sauf cet imbécile, je lui aurais fondu dans les bras. Ma tête aurait été se poser contre épaule et je me serais accrochée à lui pour ne pas sombrer. Mais ce mec me répugne. Sa façon de juger et de me faire sentir toute petite. Comme si je n'avais pas le droit de penser de cette façon. Sa seule présence s'insinue dans mon esprit et me force à être consciente de mes gestes et de mes pensées. Je n'aime pas le désir qui s'insinue en moi. Le besoin de m'abandonner à ses bras qui m'habite. Je voudrais, mais je ne peux pas. Je me force à combattre mes instincts. Je ne suis pas cette fille qui . . .

Non, je ne suis plus cette fille. Je me détourne. Je me sens stupide d'être toute remuée par ce simple contact charnel. Je me mords la lèvre pour ne pas soupirer. Pour mon plus grand malheur, Drake ne semble pas prêt de me laisser. Quelle idée aussi de suivre Winnie et deux mecs inconnus dans un bar glauque. Je n'aime pas ce genre d'endroit. Tout le monde semble s'amuser sauf moi. Plus ils se fondent dans ce monde, plus je m'en sens exclue.

« Me fais pas la tête » Murmure Drake à mon oreille. Je n'arrive pas à le contredire, alors je me la ferme. Sa proximité me trouble. Trop pour arriver à me retourner pour le confronter. À seulement penser le voir me regarder de son air supérieur, j'en ai la nausée. Je me sens mal. Enfin, pire que d'habitude.

Mon attention se porte à nouveau sur Winnie et Alec. La rue est peu passante, mais je sais qu'ils se foutent royalement de la possibilité qu'une bagnole leur passe sur le corps. Je voudrais avoir cette audace. Je marche devant moi, laissant Drake dans le passé. Il n'est personne. Je m'avance vers la petite famille. Ils ne me voient pas vraiment. Ce n'est pas totalement leur faute. Du bout du pied, je pousse doucement l'épaule de Winnie. Elle revient lentement dans notre monde. C'est probablement la faute de ces cachets qu'elle a pris. Je la sens loin de moi et je reste seule dans cette réalité ridicule où elle flirte avec son frère. Je voudrais me perdre dans son délire, si ce n'était de mes principes à la con, j'irais retrouver Drake pour le rendre fou. Lui au moins m'accorde un peu d'attention. . .

# Posté le dimanche 28 juin 2009 17:01

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:47



Le tissu râpeux du divan de Winnie m'écorche la joue. J'ai le c½ur au bord des lèvres. La liberté n'a plus ce goût enivrant, elle porte une odeur rance qui me répugne. La nuit continue de former des ombres dans tous les recoins. Je ne me rappelle pas avoir eu peur du noir, mais cette nuit, le ventre vide, la tête bien trop pleine, je trouve sa présence rassurante. Comme une caresse qui couvre mon corps exilé, volontairement éloigné des siens. C'est un crime d'avoir besoin d'air ? Répréhensible de partir sans confronter ceux qui nous font fuir ?

Mes pensées sont interrompues par les rires de Winnie et d'Alec. Je fronce les sourcils. Je leur en veux presque de s'amuser. Ils passent une bonne soirée alors que la perd à ruminer sur mes décisions. Ils sont nez à nez, dans le noir. Bien trop loin pour que je puisse distinguer les formes de leurs corps. J'ai la tête dans les vapes et je me fous pas mal de ce qu'ils peuvent bien faire. Ils profitent de la vie, pourquoi voir plus loin. . .

Je me sens lentement couler, submergée par le silence. Mes paupières se ferment. Un court instant file. Je n'ouvre pas les yeux, mais mes oreilles sont amusées par une musique tranquille. Je sais alors que le reste de la nuit a passé sans mon consentement. Une lumière ambrée passe par la fine peau de mes paupières.

Je m'étire au rythme lent de la guitare qui résonne paresseusement. Ma première vision de cette nouvelle journée est sublime. Dans la lumière du soleil levant, Winnie est assise par terre et chante sans même ouvrir les yeux, transportée par la musique. Tout près, Alec gratte son instrument sans détacher les yeux de sa s½ur. On dirait que leur monde improbable a survécu jusqu'à l'aube. Leurs rêves tendres ont tendu la main à cette réalité égoïste. Je ne sais pas comment ils font pour côtoyer chaque jour cette déchéance, sans perdre leur innocence. J'ai parfois l'impression que la mienne est évaporée depuis des lustres. Depuis le temps où la confiance a fait place au doute. J'ai souvent voulu me fondre dans la masse, mais la normalité est une des plus grandes illusions urbaines. La différence est une richesse. Un trésor à ne pas dilapider par vantardise.

La musique de Winnie et Alec me suit amicalement alors que je vais me chercher quelque chose à boire. Le réfrigérateur ne contient que des boisons énergisantes, de la bière appartement à Drake et une vaste collection de crème à café. Je me contente alors d'un verre d'eau.

« Tu viendras ce soir ? » Me lance Winnie de l'autre pièce. « Ok » . Je crois bien avoir dit oui à tout ce que la blonde m'a proposé. Je n'aime pas décider. Je préfère suivre Winnie et me laisser porter par la vague. Suivre les marées et ne jamais m'arrêter.

Je me sers un autre verre d'eau en grignotant un reste de céréales sèches. C'est simplement sans intérêt. Je ne saurais dire combien de minutes plus tard, ma blondinette préférée me traîne dans sa chambre. Elle me sort une pile de vêtement coordonnés et me dis de me changer. Je laisse les miens tomber en une colline informe sur le sol. Sans vraiment porter attention, j'enfile les vêtements propres. Winnie profite de ma docilité pour brosser mes cheveux auxquels je ne porte pas vraiment attention. Elle essuie les cernes de maquillage sous mes yeux et en applique correctement une autre couche. Je la laisse faire. Elle semble s'amuser comme une folle à me transformer en une copie conforme de sa propre personne. Le pire, c'est que j'aime ce qu'elle dessine contre ma peau.

Le temps passe et je me surprends à imiter Winnie. Ses expressions me viennent naturellement. Je pourrais être elle. Non, je pourrais être mieux. On me donne le costume et je deviens l'actrice. Je me fonds dans le rôle sans vraiment le chercher. Je m'enferme dans un nouveau piège. Sans y croire, je me demande si ce n'est pas ce que j'ai fait toute ma vie. Essayer d'être celle qu'on attend de moi.

Les heures filent alors que la musique remplit le vide de l'appartement. Je tourne sur moi-même jusqu'à en avoir la tête toute étourdie. Une belle façon de s'embrouiller les sens sans avoir à se tuer à petit feu par des moyens chimiques. Je m'étends sur le sol, les bras en croix, et avant que j'aie pu reprendre mon souffle, j'entends le klaxon d'une voiture. Winnie et Alec se dirigent vers la porte, moi aussi.

# Posté le jeudi 09 juillet 2009 15:13

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:47

Je suis conne. Une pauvre imbécile. Ouais, c'est surement le mot qui convient. Je me trouve pathétique. La tête appuyé contre la cuvette, je me sens moins que rien. Mais quelle stupide personne je me suis donnée l'air ? Je me rappelle avoir mis les pieds dans le bar après vingt minutes dans la camionnette de Drake. J'étais à l'arrière avec Winnie et les garçons jouaient aux DJ. Win' sortit de son sac une jolie bouteille de Vodka. J'étais si bien que j'ai cru que ça ne pourrait pas me faire de tord de m'amuser un peu. Juste quelques gorgées de liquide brûlant. Non, mauve idée. J'aurais du me douter que je ne suis pas assez forte pour ça. Trop faible pour simplement prétendre être heureuse.

Je me rappelle avoir dansé, oui, dansé comme une folle, sur le bar avec Winnie. Je n'étais que sa pâle copie. Ses vêtements, son attitude, mais mon propre malheur. Je me rappelle m'être jetée sur Drake, alors que Winnie était pendue au coup d'Alec. Je crois bien que préfèrerais me perdre au fond de la cuvette que de devoir ressortir de là un jour.

« Toujours en vie ? » Lance une voix d'en haut. Je relève la tête pour voir la sale gueule de Drake qui sourit, debout sur la toilette dans la cabine de gauche. Je voudrais en sourire, mais le vomi collé à mes cheveux a tendance à ruiner mon moral. Je voudrais lui dire d'aller se faire foutre, mais je risquerais de rendre mes trippes à seulement ouvrir la bouche. J'en avais assez de me sentir comme de la merde, et bien là c'est encore pire. Et on dirait presque que l'autre imbécile trouve ça drôle.

Je ne trouve rien à répondre. J'aimerais bien pouvoir lui tourner le dos et m'enfuir, mais j'ai peur que si je ne fais que me tenir sur mes pieds, je retrouve rapidement le sol. Je voudrais être seule, mais il persiste à me regarder être misérable. Je lui proposerais ma liste de 100 choses à faire plus intéressantes que de me regarder vomir, mais je ne trouve pas la force. Pas la force de me battre. Pas la force de prétendre. Je pourrais lui dire. Là, maintenant. Qu'il est craquant. Mais il le sait déjà et je ferais encore plus une folle de moi. . .

Je ne me rappelle plus vraiment de la suite. Quelques heures plus tard, j'ouvre les yeux. Je ne suis pas sure de savoir où je suis. C'est probablement mieux que si je m'étais endormie contre la cuvette des toilettes. Je voudrais me lever, mais j'ai la tête qui tourne. Je voudrais parler, mais j'ai la gorge qui brûle. J'entends un léger ronflement. Je scrute la pièce, mais ne vois personne. Je j'irais bien me cacher, mais je ne peux pas bouger, enroulée dans une couverture, sur un divan inconnu. J'entends encore ce bruit et je sursaute.

Moi que me croyais brave, je me découvre des peurs de fillettes. L'inconnu me pétrifie. Je voudrais pouvoir me lever. Je laisse le temps passer. La noirceur laisse lentement place à l'aube. J'ai l'impression de m'être faite écraser par un tank. Mes os semblent fatigués de me supporter. Je me lève sur mes coudes et je remarque d'où viennent les bruits. Couché sur le plancher, Drake ronfle sinueusement. Je réalise alors que je dois être chez lui. Pourquoi ne suis-je pas chez Winnie? Mais quelle Imbécile! Je sais très bien pourquoi je suis ici. Je ne suis rien pour elle. Rien. Elle a eu pitié. Elle a pris ma main pour me sauver. Je devais avoir une tête à me jeter en bas d'un pont lorsqu'elle m'a trouvé. Pourtant, je ne suis pas pour autant sa responsabilité. Nous ne sommes même pas amies. La vie est dure pour tout le monde. Je ne devrais pas m'attendre à ce qu'elle me ramasse sur le plancher.

Drake me perturbe. Pourquoi lui ? Je n'arrive pas à le supporter et voilà qu'il est là, endormi. Toute cette attitude détestable envolée de son visage, ce n'est plus le même garçon. Je voudrais tout effacer. Recommencer à zéro. Mais ça n'est pas aussi évident que je l'aurais pensé. Je ne sais plus qui croire. Je ne sais plus comment retrouver mes repères. Et si je voulais tout arrêter ? Ce n'est plus le temps des regrets. J'ai un goût de plomb dans ma bouche. La terre tourne toujours, pas vrai ?

« Hey » me lance Drake. Il semble réveillé, frais et dispo. Il a couché sur le sol et c'est moi qui dois avoir une tête de morte-vivante. C'est probablement ce que je suis. Quand je ne fais plus vraiment la différence entre ce qui pousse mon c½ur à battre un peu plus tous les jours et ce qui ne veut absolument rien dire. Ne pas avoir de but, ne pas avoir de plans pour le futur. Je n'ai même pas envie d'y réfléchir, ça me donne mal au crâne.

« Alors ma belle » continue Drake « Passé une bonne soirée hier ? » Je finis par répondre entre mes dents. « Si c'est pour me sentir comme ça, ça n'en vaut pas la peine » Le pire c'est que je l'entends rire. Je n'ai pas la force de l'envoyer promener. Je me lève, vacillante, pour me diriger vers la salle de bain. Je verrouille la porte, on n'est jamais trop prudente. Je laisse mes vêtements tomber sur le sol comme des peaux mortes. J'ai besoin de me sentir neuve. De ne plus avoir cette horrible odeur de vomi qui me prend à la gorge. J'ouvre l'eau chaude et me glisse dans la douche. Je laisse la tête sous l'eau un moment. Tout vas mieux, ou presque. Je me retourne pour prendre le shampooing, et je ne suis plus seule. Il y a Drake, dans la douche, sans ses vêtements. La seule chose qui me vient en tête à part : Mais de où il sort ? est What the Fuck !

# Posté le vendredi 28 août 2009 16:47

Deuxième Livre - Second Book
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# Posté le jeudi 03 septembre 2009 10:33