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Ce matin, le ciel était gris. Gris comme mes pensées. Rien n'est jamais noir ou blanc. Il y a toujours cette zone d'ombre. Ces moments où aucune décision n'est bonne à prendre. Ne vous laissez pas avoir à croire qu'il y a un bon et un mauvais choix, mais il faut toujours prendre parti. J'ai pris le mien. J'ai mis dans mon sac plusieurs fringues et tout ce qui me tient à c½ur, puis je suis partie. J'ai laissé sur mon lit une jolie lettre pour mes géniteurs. Et j'ai balancé mon sac par la fenêtre avant de le rejoindre sur la pelouse. Je n'ai même pas pris la peine de me chausser. Mes Converses attachés ensemble traînant sur mon épaule. Il fait jour, mais on dirait la nuit. Les couleurs sont ternes. Le soleil se cache. Je n'ai pas besoin de lumière. Pas besoin d'espoir. J'ai confiance. Il ne m'arrivera rien. J'ai beau n'avoir nulle part où aller, personne vers qui me tourner, je sais que le soleil reviendra. C'est inévitable.

J'espère par mon périple solitaire trouver un sens à cette vie. J'aime ne pas avoir de plan. Savoir que demain peu être fait de choses que je n'ose même pas imaginer. J'ai l'impression d'être libre. L'absence de responsabilité. Ce concept total est un piège. On me dit que je dois être responsable, mais on ne m'en laisse pas la chance. Ils se croient responsables de moi. C'est leur responsabilité de s'en occuper. Où se trouve ma voix parmi tous ceux qui me disent quelle direction prendre. Je n'arrivais plus à savoir où j'avais envie d'aller.

Mes pas ont lentement tracé ma route à travers les rues que je connais par c½ur. J'ai marché sans connaître ma destination. Je me suis retrouvée dans un parc. Parmi les enfants qui courraient dans tous les sens. Je me sentais étourdie. Saoule de souvenirs. J'ai déposé mon sac sur le sol et me suis dirigée vers les balançoires. Je me suis assise et me suis donné un élan. Le vent dans mes cheveux m'a fait sourire. Comment croire aux malheurs du monde alors que la brise me fait oublier tous mes soucis. Je ne suis qu'une écervelée dans son élément, le déni de la réalité. Mes yeux se ferment, et je me laisse tanguer jusqu'à ce que le mouvement s'éteigne. Le silence qui m'entoure n'existe pas vraiment, mais je me sens bien. Les sensations me reviennent peu à peu. Les cris des enfants. Le vent qui souffle contre les chaînes. Le sol sous mes pieds nus. J'ouvre mes paupières pour apercevoir deux grands yeux bleus qui m'observent. Un nuage de cheveux blonds que j'aperçois à peine tant mes yeux sont attirés par ses lèvres d'un rouge presque irréel. J'en souris. On se retrouve face à face à se sourire comme deux idiotes.

Elle prend ma main et j'ai à peine le temps d'agripper mon sac que nous sommes ailleurs. On rit toutes les yeux alors qu'on court dans les rues. Je me sens vivre. La même sensation de vent dans mes cheveux. Mon c½ur qui bat à tout rompre. C'est ça la vie ?

# Posté le vendredi 19 juin 2009 17:33

Modifié le dimanche 23 août 2009 23:48

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