J'espère par mon périple solitaire trouver un sens à cette vie. J'aime ne pas avoir de plan. Savoir que demain peu être fait de choses que je n'ose même pas imaginer. J'ai l'impression d'être libre. L'absence de responsabilité. Ce concept total est un piège. On me dit que je dois être responsable, mais on ne m'en laisse pas la chance. Ils se croient responsables de moi. C'est leur responsabilité de s'en occuper. Où se trouve ma voix parmi tous ceux qui me disent quelle direction prendre. Je n'arrivais plus à savoir où j'avais envie d'aller.
Mes pas ont lentement tracé ma route à travers les rues que je connais par c½ur. J'ai marché sans connaître ma destination. Je me suis retrouvée dans un parc. Parmi les enfants qui courraient dans tous les sens. Je me sentais étourdie. Saoule de souvenirs. J'ai déposé mon sac sur le sol et me suis dirigée vers les balançoires. Je me suis assise et me suis donné un élan. Le vent dans mes cheveux m'a fait sourire. Comment croire aux malheurs du monde alors que la brise me fait oublier tous mes soucis. Je ne suis qu'une écervelée dans son élément, le déni de la réalité. Mes yeux se ferment, et je me laisse tanguer jusqu'à ce que le mouvement s'éteigne. Le silence qui m'entoure n'existe pas vraiment, mais je me sens bien. Les sensations me reviennent peu à peu. Les cris des enfants. Le vent qui souffle contre les chaînes. Le sol sous mes pieds nus. J'ouvre mes paupières pour apercevoir deux grands yeux bleus qui m'observent. Un nuage de cheveux blonds que j'aperçois à peine tant mes yeux sont attirés par ses lèvres d'un rouge presque irréel. J'en souris. On se retrouve face à face à se sourire comme deux idiotes.
Elle prend ma main et j'ai à peine le temps d'agripper mon sac que nous sommes ailleurs. On rit toutes les yeux alors qu'on court dans les rues. Je me sens vivre. La même sensation de vent dans mes cheveux. Mon c½ur qui bat à tout rompre. C'est ça la vie ?